23 février – 17 mars 2019, Mer des Caraïbes
La lutte à la barre a cessé depuis que nous avons mis le cap vers Curaçao. Tant mieux. Habituée aux barres à roue, j’ai du mal à tenir le cap avec la barre franche de Bato. Je me répète inlassablement le moyen mnémotechnique que j’essaie d’intégrer :”Si je suis à bâbord de la barre, quand je tire, je vais à tribord” mais parfois il y a des ratés. Il me faudrait plus de temps pour que les automatismes s’installent, deviennent réflexes. Mais c’est souvent Alex ou Mina à la barre pour maintenir un bon cap. Puis le pilote automatique prend le relais.
Les quarts s’enchaînent, je dors beaucoup, comme d’habitude. La marmotte des mers fait honneur à sa réputation. Alex a vomi une fois, à cause d’une insolation sur le cockpit pendant son quart. Mina non plus n’est pas bien, beaucoup de choses dont du stress avant le départ ont eu raison de son foie. Étonnamment et à ma grande fierté, malgré une mer agitée, je ne suis pas malade. Merci à Thomas et son Stugeron®, remède costaud mais efficace qui me permet de cuisiner pendant que les autres prennent l’air dehors. Oui, vous avez bien lu. Cuisiner. Incroyable n’est-ce pas ? Moi même je n’en reviens pas ! Adieu mal de mer…
Nous partageons le quotidien de Mina sur son bateau. Être équipier sur un voilier de plaisance, ce n’est pas uniquement faire du stop sur un bateau comme on en ferait avec une voiture ou un camion à la sortie d’un rond-point. C’est aussi vivre en communauté dans un espace-temps différent de celui à terre. Les plaisanciers qui nous accueillent partagent leur maison, leur lieu de vie et leur quotidien avec nous, pour quelques jours voire semaines. La dimension temporelle est complètement différente de celle de l’auto-stop bien moins riche et risquée. “Vous ne convoyez pas uniquement un véhicule, vous naviguez sur une maison” disait Thom, notre papa d’adoption à Grenade “Et j’apprécie que vous en ayez conscience. Ce n’est pas le cas de tout le monde” avait-il rajouté. Nombreux bateaux-stoppeurs se demandent pourquoi certains plaisanciers leur refusent l’accès à leur bateau. Certes, le délit de facies existe. Mais une fois à bord, en pleine mer, impossible de s’arrêter et décharger la personne si ça se passe mal. D’où l’intérêt de bien choisir ses équipiers.
Mina nous disait qu’en 30 secondes, elle nous avait évalués sur son ponton à Grenade, comme un entretien d’embauche en accéléré. Et que c’était le calme d’Alex qui lui avait laissé entrevoir la possibilité de nous embarquer. Quant à moi, j’avais l’air clean et bien polie, “pas de problème avec elle” s’était-elle dit. Mais c’est Alex qui avait été notre laisser-passer.
En mer pour 4 jours de navigation, nous avons largement le temps de discuter et d’aborder toute sorte de thèmes. Elle a une expérience de vie incroyable, tout un tas d’histoires extraordinaires à raconter sur ses voyages, à la voile en Polynésie, en Patagonie, et sur le continent américain en Amazonie profonde dans une communauté indigène reculée, la macumba (mauvais sort) qu’on lui a jetée au Brésil, la construction de son premier bateau puis le second, son séjour magique aux Galapagos une vingtaine d’années auparavant… C’est un régal de l’écouter et d’échanger avec elle. J’apprends beaucoup à ses côtés. Quand nous parlons spiritualité et philosophie, Alex le rationnel à toute épreuve, écoute mais prend ses distances. C’est pourtant passionnant.
Au large de Bonaire de nuit, Mina et moi comptons les flashs lumineux qui nous proviennent des phares de l’île. L’atterrissage de nuit est toujours un moment délicat et malgré le GPS, on a tout intérêt à bien compter ces messages lumineux pour savoir avec quel phare on a affaire et se situer exactement sur la carte. Ce serait bête de foncer droit sur des rochers parce qu’on pense être ailleurs…
Une fois le danger écarté, je me remets en place pour mon quart de surveillance, le regard droit sur l’horizon, devant. Quand soudain, un avion surgit de devant la grand voile dans un bruit assourdissant, sans aucune lumière, et passe en rase-motte au-dessus de nous. Mina a tout juste eu le temps de sortir la tête de la cale pour l’apercevoir s’éloigner dans la nuit. “C’est un avion de repérage, certainement des Antilles néerlandaises” dit-elle “J’espère que tout va bien à Curaçao ! ” rajoute-t-elle. Aucune nouvelle de l’extérieur, nous ne sommes pas joignables. On ne peut de toute façon qu’avancer, pas le choix.
Mina nous avait dit :”Si le vent nous le permet, on ira plonger à Bonaire, l’île est classée Réserve Naturelle Protégée, les plongées y sont magnifiques. Vu qu’on est pas allés à Bequiai…” Mais le vent de face nous empêche de prendre le cap pour descendre au sud de Bonaire, de la même façon qu’il l’avait fait quand on prenait la direction de Bequiai, en partant de Grenade. A croire qu’il ne veut pas que l’on plonge ! Nous mettons donc le cap sur Curaçao.
En longeant la côte pour rentrer dans l’enclave où nous allons mouiller, à Spanish Bay, l’eau commence à se colorer de ce bleu si typique et caractéristique de la boisson alcoolisée mondialement connue à laquelle l’île qui la produit a donné son nom. Cette liqueur d’orange, de couleur bleue, porte bien son nom !
Lors d’un des derniers empannages (manœuvre très délicate consistant à virer de bord avec un vent arrière. La baume passe de l’autre côté, souvent avec violence, contrairement à quand on a le vent de face), Alex se brûle la main avec le bout permettant de retenir la baume. Rien de grave mais je crois qu’il s’en rappellera longtemps.
Nous mouillons donc dans l’enclave, loin des autres bateaux pour la première nuit, au vent mais contents d’être arrivés. Demain, on ira au lieu de mouillage officiel et on prendra des nouvelles de la situation politique locale. Il faut aussi que nous allions faire notre clearance d’entrée à Wilhemstadt.
A l’aube, sans vent, nous déplaçons alors le bateau, aussi proche que possible de la maison de Paul, un ami de longue date de Mina :”Il y a 20 ans, quand je suis venue ici, il n’y avait rien. Tout a changé, toutes ces villas et ces complexes hôteliers n’existaient pas, il n’y avait que des cactus. Ça me fait tout bizarre.” Mais la maison de Paul, elle, est toujours là. “J’espère qu’il se souvient de moi !” ajoute-t-elle.
Nous partons pour Wilhemstadt faire la clearance d’entrée. Et le calvaire commence. On nous balade d’un endroit à un autre, nous disant qu’il faut aller là, puis là-bas “Ah non, c’est pas ici, c’est de l’autre côté du fleuve” etc. en mode “Les douze travaux d’Astérix” ou “L’auberge espagnole”. Les heures passent et nous marchons beaucoup, ce qui a au moins le mérite de nous faire visiter la ville dont le centre est assez mignon avec ses maisons colorées à la hollandaise…
Et puis Mina se rend compte que je suis en tongs et paréo :”Mais Agnès ! J’avais pas fait attention avant…c’est pas une tenue pour aller à la douane ça ?!” dit-elle déconcertée par mon flegme :”Sur le bateau, tu peux te balader en petite culotte, je m’en fous. Mais là on va à la douane !” ajoute-t-elle… Oups. Le milieu de la plaisance est souvent assez “ouvert” voire naturiste. En effet, qui va venir vous embêter si vous êtes à poil sur votre bateau au beau milieu de l’océan ?! Personne. Ceci dit, j’ai déjà eu des problèmes en me baladant en culotte et T-shirt dans un appartement. Mais c’est une longue histoire qui n’a rien à voir avec celle-ci.
Lors d’un de nos allers-retours, nous rencontrons un couple qui a l’air aussi perdu que nous dans les démarches. Eduardo est portugais et Sylvie est québécoise. On se refile les tuyaux :”La douane c’est par là, on en vient. Et l’immigration, c’est où ?” Ils sont au même mouillage que nous sur un catamaran, Second Wind, on les recroisera sûrement. Et avec un peu de chance, peut-être même qu’ils partent en Colombie ?
Pas de nouvelles du Venezuela, la situation stagne.
Nous terminons nos démarches et rentrons au mouillage de nuit. Mais le bateau a bougé. L’ancre n’a pas tenu et le bateau a dérivé. Par chance, elle s’est accrochée à une épave dans le chenal, évitant de peu à Bato de s’écraser sur un récif tout proche.
Par contre, l’annexe du voilier voisin a été touchée. On ne voit rien du tout mais la pingre de propriétaire demande à Mina de payer les réparations et refait la peinture de son annexe sur le dos de Bato…
Le lendemain, après que Mina soit allée dire bonjour à son ami Paul :”Mina !!! C’est incroyable, quelle bonne surprise ! On va danser la salsa ce soir pour fêter ça !”, nous partons toutes les deux faire le tour des bateaux au mouillage en annexe. Personne ne va en Colombie “Jamais de la vie ! C’est pas la saison, vous avez vu le vent qu’il y a dehors ?!”… Personne. Sauf un bateau. Celui d’Eduardo et Sylvie :”Le plan de base, c’est d’aller à Carthagène. Mais avec le vent fort qui est annoncé, on y réfléchit. Laissez-nous vos coordonnées et dès qu’on a pris notre décision, on revient vers vous.”
On croise les doigts et en attendant, on se la coule douce sur le bateau de Mina. On part nager dans les eaux turquoises mais il y a peu de poissons. Le retour en annexe se fait à la voile avec un paréo tendu en guise de grand voile (le paréo, ça sert à tout je vous dis !) pour s’économiser de ramer. Les gitanos sont de sortie ! Soirée salsa comme annoncée, c’est chouette, mais Alex est raide comme un piquet. Il va falloir que je lui donne des cours et qu’il apprenne à bouger son bassin !
Un matin, il pleut. Je suis à l’arrière dehors protégée par le taud, et admire la beauté de la scène. La pluie sur la mer calme en frappe doucement la surface de milliers de perles de cristal. C’est magnifique. Et puis on en profite pour mettre en place des systèmes pour récupérer toute cette eau douce que le ciel nous offre gracieusement. On va pouvoir laver notre linge dès que le soleil reviendra !
Une nuit, je décide de me laver à l’arrière du bateau. Je plonge dans l’eau et m’aperçois que le plancton phosphorescent est partout autour de moi. Dès que je bouge un bras, l’eau scintille de milliers de perles lumineuses. Commence alors un ballet où mes membres jouent avec cette magie naturelle, dessinant des arabesques de perles vertes à chacun de mes mouvements dans l’eau. C’est tellement beau… Un sentiment d’euphorie et de bonheur absolu m’envahissent, et je reste jouer dans l’eau encore un moment, faisant rayonner l’enfant intérieur émerveillé en moi. La nature est si belle, autant profiter des cadeaux qu’elle nous offre !
Sylvie et Eduardo nous annoncent qu’ils partent pour Carthagène à la fin de la semaine et qu’ils ont besoin d’équipiers vu les rudes conditions météo annoncées. Hourra !!!! On va ENFIN rejoindre le continent américain !
Au moment où je termine de masser Mina qui a mal au dos, nos amis Marine et Édouard, qu’on avait rencontrés à Grenade et qui étaient partis sur un bateau différent, débarquent dans le cockpit. Ils viennent d’arriver et passent nous dire bonjour. “On a trouvé un bateau pour la Colombie, c’est le seul qui part. C’est un gros catamaran (un Léopard 46). Tentez votre chance, il y a peut-être de la place pour vous aussi ?!” leur dis-je. On doit aménager dessus demain et partir d’ici la fin de la semaine. Mais ce soir, on passe la soirée avec Mina, Paul et ses amis. C’est le carnaval et on va voir la parade avec eux. Que de costumes élaborés, de couleurs, de musique… Curaçao est en fête !
Le lendemain, on apprend qu’Édouard et Marine partent avec nous à Carthagène. Youhou il va y avoir de l’ambiance à bord avec ces deux-là ! Je me réjouis de faire la traversée avec eux.
Sylvie nous présente le bateau, tout a l’air d’être bien codifié, pas de place à l’improvisation ! Elle est excellente cuisinière, au grand bonheur de nos estomacs affamés et gourmands. Eduardo et Sylvie nous ont embarqués sur leur bateau jusqu’à Carthagène, totalement gratuitement. En règle générale, les bateau-stoppeurs participent à une caisse de bord ou au moins aux frais liés à la nourriture. Ici, rien du tout. En échange de notre aide, nous sommes logés et nourris (comme des princes !). Merci merci… En plus de ça, je vais enfin naviguer en pleine mer sur un catamaran !
Avant le départ, après avoir fait de la musique sur le pont avec Édouard et lui avoir appris quelques bases de solfège, on a gratté la coque en improvisant une activité masque et tuba, une éponge à la main. Je n’ai malheureusement pas eu le temps de prendre une vraie douche avant le départ et l’odeur de peinture restera incrustée dans mes cheveux et sur ma peau pendant les 4 jours de traversée. Nous apprenons aussi à connaître nos capitaines (qui sont de parfaits hôtes). On voit qu’ils sont habitués à recevoir sur leur bateau.
Nous partons donc, en début de soirée. Les adieux à Mina sont difficiles, comme toujours. Pour Alex et moi, elle est devenue une maman d’adoption, à la suite de tous les papas d’adoption qu’on a eus jusqu’à présent, Patrick, Sam et Thom. Du pont, je lui fais de grands signes d’adieux et les larmes coulent sur mon visage sans que je puisse les en empêcher. Édouard me fait alors un câlin et Alex me gratouille le dessus du crâne, un peu comme je le fais quand je caresse des chats. C’est sa façon à lui de me témoigner sa sympathie…
C’est le luxe sur Second Wind. En plus de tout l’équipement ultra sophistiqué (qui simplifie beaucoup la vie, il faut le reconnaître), nous avons chacun notre cabine de couple, Alex et moi d’un côté (celui de l’hélice dont le bruit est infernal !), Édouard et Marine de l’autre. Toutefois, aucun de nous n’est réellement en couple ! Nous sommes seulement deux paires d’amis voyageant ensemble. Pourtant Édouard, depuis Grenade, me regarde avec insistance. Il me “mange du regard” et me fait tout le temps des câlins. Je ne sais pas si c’est son côté tactile qui ressort ou s’il y a quelque chose d’autre. J’essaie de garder mes distances, mais c’est perturbant.
Les quarts s’enchaînent, Édouard puis moi sous surveillance d’Eduardo, et Alex puis Marine sous surveillance de Sylvie. Je passe donc pas mal de temps à discuter avec Eduardo. Je l’aime bien, lui aussi est un peu comme un papa, très paternaliste, et je crois qu’il m’apprécie aussi.
Parfois Édouard prolonge ses veilles pour passer du temps avec moi et on discute pendant des heures.
Il y a beaucoup de vent, ce qui stresse nos capitaines. Et pour cause, le Cap de la Vela que nous sommes en train de passer, est réputé pour sa dangerosité, beaucoup de vent et une mer formée toute l’année. D’après les dires, ce serait le “Cap Horn des Caraïbes”. Malgré le Stugeron® et le fait que l’on soit sur un catamaran, qui secoue moins qu’un monocoque, je me sens un peu barbouillée. Le bateau file à toute allure de jour comme de nuit, atteignant un record de 19,6 nœuds en surf sur une vague…
Avant que je m’habitue, le bruit dans la cabine, de l’hélice à quelques mètres de ma tête, me rendait folle. J’en ai même rêvé que ma sœur et moi étions en voiture avec un mec qui conduisait comme un taré ! En me couchant un soir, je repensais à Mina et la Macumba qu’on lui a jetée au Brésil. Dans la nuit, j’ai fait un mauvais rêve avec une sorcière qui jetait un sort à la magistrate qui l’avait condamnée. Cette dernière se faisait manger vivante par un rat… Génial. Je crois que le Stugeron® me détraque un peu le cerveau.
Les poissons volants m’enchantent, ils ricochent à la surface de l’eau comme une armada de petits soldats, par dizaines et dizaines. Et grillés, ils sont absolument délicieux ! De nuit, ils sont habillés de plancton lumineux et on les voit voler de part et d’autre de l’étrave.
J’apprécie le spectacle que m’offre l’océan. La crête des déferlantes au soleil resplendit d’un bleu transparent magnifique avant de se casser en un nuage d’écume.
Des larmes d’eau de mer coulent sur le hublot de ma cabine. Mon regard va se perdre sur les vagues… C’est le dernier bateau, très confortable mais un peu aseptisé. Je peux les admirer, mais je ne ressens pas les éléments comme sur les précédents bateaux. Dommage.
Et puis on aperçoit enfin la terre ! La skyline de Carthagène se détache sur l’horizon. Elle est immense, on dirait une mégalopole, ça fait longtemps que je n’ai plus vu de ville aussi grande ! Quelle joie et quelle émotion que d’atteindre enfin le continent tant convoité !
Après un mouillage long et difficile, nous nous laissons aller à la joie et l’allégresse, heureux d’être arrivés en ayant traversé des conditions météo pas évidentes. S’improvise alors un cours de salsa pour Alex et Édouard sur décor de la skyline qui scintille des lumières de la ville. Il y a du boulot !
Le lendemain, Eduardo part s’occuper de nos passeports et des formalités administratives pendant que nous nettoyons le bateau, à quai. Nous allons rester là quelques jours, le temps pour Alex et moi de nous organiser pour partir vers le sud à vélo. Les restrictions d’eau sont levées et il faut enlever tout le sel accumulé pendant la traversée puisque le bateau va rester un moment ici. Je mets la musique à fond et nous frottons, lavons et rinçons à grande eau, entre deux batailles d’eau savonneuse. Ça n’a jamais été aussi cool de faire du ménage ! Et toujours ces regards intenses avec Édouard…
La chaleur à Carthagène est écrasante. Nous profitons du soleil pour faire de grandes lessives et quand il descend dans le ciel, à l’heure où il fait moins chaud, nous partons visiter la ville. Le quartier historique, avec sa magnifique architecture coloniale, est connu pour être la “perle des Caraïbes”. Néanmoins, ses rues pleines à craquer de touristes et marchands ambulants infernaux ne nous séduisent pas. Nous préférons déambuler dans le quartier de Getsemaní dont les petites ruelles colorées et tranquilles sont plus attrayantes. Carthagène vit la nuit, et à la tombée du jour, une foule de personnes emplit les rues pour profiter de la fraîcheur du soir.
Ce soir sur Second Wind, c’est moi qui cuisine, et je fais un rougail saucisse de l’île de la Réunion ! L’ambiance est festive et après le repas, Sylvie et Eduardo sortent en ville, tous deux élégamment vêtus. Restés à bord, nous entamons une partie de belotte : Édouard et Marine contre Alex et moi. C’est la raclée pour Édouard et Marine…
Quand tout le monde part se coucher, nous partons Édouard et moi faire un tour sur les quais, main dans la main. Une idylle débute entre nous, et je me sens toute légère, transportée par cet amour naissant et la joie qu’Edouard m’apporte. C’en est fini de garder mes distances. Mais nous avons des projets différents. Il s’est engagé à voyager avec Marine pendant au moins 5 à 6 mois, sans argent en Amérique du Sud, allant de volontariat en volontariat, et moi je suis à vélo avec Alex… L’amour en voyage, c’est compliqué. Pourtant, on décide de passer quelques jours ensemble sur la côte Caraïbe avant que nos chemins ne se séparent.
Le lendemain, Alex, Eduardo et moi partons faire réviser nos vélos (ma roue arrière est croûtée de sel aux têtes de rayons) pendant que Marine et Édouard cherchent un workaway (volontariat). Demain, nous aussi déménagerons à terre dans une auberge de jeunesse après avoir aidé Sylvie et Eduardo à mouiller dans la baie. Édouard et Marine eux, partent dès ce soir dans le workaway qu’ils ont trouvé dans une auberge.
Nous restons quelques jours de plus à Carthagène avec Alex, le temps de nous préparer à partir à vélo. J’aimerais passer plus de temps avec Édouard mais il travaille dans son volontariat. Nous n’avons que les soirées ensemble dont nous profitons au maximum de chaque instant.
La veille de notre départ, Sylvie nous a tous invités pour un repas d’adieux. Elle s’est surpassée en cuisine et makis, beignets de légumes, nouilles sautées et pois chiches en sauce trônent sur la table. Wahou ! Et comme d’habitude, c’est un régal. Après un très bon moment tous ensemble, nous nous disons donc au revoir. Marine et Édouard partent de leur côté, on se retrouve dans 2 jours à Rincón del Mar sur la côte Caraïbe, Alex et moi rentrons à terre pour notre dernière nuit à Carthagène et Sylvie et Eduardo restent quelques temps sur leur bateau au mouillage avant de rentrer au Canada.
Demain, nous prenons la route vers le sud à vélo. Le chapitre voile se clôture, pour un temps. Place au vélo maintenant !
Édouard et Marine ont un chouette projet : voyager sans argent ou presque, à la découverte de la diversité humaine. Tout au long de leur parcours, ils ont réalisé des portraits d’hommes et de femmes rencontrés sur leur chemin sous forme de photos ou belles vidéos, dont une sur Eduardo et Sylvie. Pour voir la vidéo, c’est ici (n’oubliez pas d’activer les sous-titres) et pour découvrir leur projet, c’est sur A Sense of Adventure.
2 commentaires
Jacques · 2 octobre 2019 à 14 h 15 min
L’image de l’annexe dans les Caraïbes avec un paréo en guise de grand-voile est surréaliste ! Dommage qu’il n’y ai pas de photos
Agnesninie · 8 octobre 2019 à 22 h 06 min
On était partis plonger sans appareil électronique !